Quatre jeunes ambassadeurices au 79e Festival de Cannes
dans le cadre de mon défi cinéma
Retour d’expérience : quatre jeunes ambassadeurs au 79e Festival de Cannes
Dans le cadre du dispositif Jeunes Ambassadeurs du Cinéma, l’AFCAE a permis à 30 jeunes ambassadeur.ice.s de toute la France de remporter une accréditation pour le Festival de Cannes grâce à un tirage au sort national. En Hauts-de-France, De la suite dans les images et l’Acap ont eu le plaisir d’accompagner quatre jeunes lauréats de Mon défi cinéma HDF dans cette aventure cinéphile. De la suite dans les images et l’Acap ont pu prendre en charge les frais de transport et d’hébergement, ce qui a grandement facilité la présence de ces quatre jeunes.
Quatre jeunes, trois projets Mon défi cinéma HDF représentés
Nastia (24 ans, Dunkerque)
Étudiante en Master 1 Esthétique à l’Université de Montpellier (à distance), Nastia porte le projet Le cinéma pour se confronter à l’autre et à soi au Studio 43 de Dunkerque. À travers une programmation de quatre films, elle souhaite explorer les thèmes de l’introversion et de l’introspection avec sensibilité, étrangeté et poésie. Son ambition : créer des passerelles entre le cinéma et d’autres formes artistiques en associant le tissu culturel local aux séances proposées. Une séance a déjà eu lieu en avril dernier autour du film L’étrange noël de monsieur Jack.
Nelson (19 ans, Lille) et Djoser (25 ans, Lille/Paris)
Tous deux développent le projet Création 360° au Fresnoy à Tourcoing. Leur collectif de créateurs de contenus immersifs en 360° souhaite faire découvrir cette forme de création audiovisuelle encore peu diffusée, en lui donnant toute sa place dans un lieu dédié aux formes hybrides, à la création et à la diffusion comme Le Fresnoy. (Projet en cours de construction).
Enzo (24 ans, Amiens)
Étudiant en Master 2 Cinéma : critique et programmation, Enzo porte avec d’autres étudiants le projet du ciné-club Les films de notre enfance au Ciné St-Leu à Amiens. Cette initiative met à l’honneur des films « doudous », marquants et réconfortants, que les étudiants souhaitent partager avec les nostalgiques comme avec les plus jeunes générations. C’est la seconde édition de ce projet, qui représente déjà 7 séances, plus une dernière en préparation pour le mois de juillet.
Deux semaines au Festival de Cannes
Accompagné.e.s par les chargés de missions des deux associations, les quatre jeunes ont pu assister aux 35e Rencontres nationales Art et Essai 2026 du 10 au 12 mai, puis aux deux semaines du festival du 12 au 23 mai en voyant en moyenne 3-4 à 6 films par jour dès 8h du matin jusqu’aux spectaculaires séances de minuit. Un parcours qui a permis de satisfaire leur cinéphilie mais surtout de leur faire découvrir un peu plus les différents métiers — à côté des formations proposées dans le cadre de Mon défi cinéma HDF et des journées professionnelles auxquelles ils et elles sont déjà invité.e.s. Une vraie cohésion de groupe s’est formée dans le logement partagé avec « de beaux débats sur les films et de très bons moments partagés » selon les jeunes.
C’était ma première fois à Cannes, je dois dire que je rêvais de ce festival depuis très longtemps mais il me semblait totalement inaccessible. Grâce à votre soutien j’ai pu m’y rendre, voir énormément de séances, rencontrer beaucoup de professionnels qui font des métiers que je souhaite faire plus tard, et surtout observer comment fonctionne et s’organise ce festival. J’ai particulièrement apprécié les premières journées , dans lesquelles on pouvait entendre des exploitants et des programmateurs débattre des films. C’est un point de vue que je ne vois pas habituellement donc j’étais très heureux de découvrir comment certains voient les films. « Est-ce que c’est un film jeune public ? » « Est-ce que c’est un film à programmer le samedi soir ? ». Autant dire des questions qui m’intéressent particulièrement. Je garde en meilleurs moments du festival, la masterclass de Peter Jackson, les séances de minuit qui avaient une ambiance particulièrement euphorisante, et les séances de gala dans lesquelles nous pouvions entendre le casting réagir à la fin des films. Enzo
Je suis extrêmement reconnaissante. Quelle chance d’aller à Cannes ! De surcroît à moindre frais. Étudiante boursière, j’ai pu financer mes repas et les préparatifs en amont du départ, mais n’aurais pas pu participer à ce festival s’il n’y avait pas eu cette aide. Aller au festival de Cannes a grandement satisfait ma cinéphilie, et inspiré la créatrice / artiste que je suis. Au-delà des projections de film, le fait de voyager à l’autre bout de la France a pu me ressourcer et m’enrichir aussi personnellement. Nastia
Pour moi il avait une volonté de vivre une expérience culturelle unique par ses projections, rencontres internationales et son énergie prestigieuse qui inonde la ville pendant deux semaines. Toutefois, ce n’est pas que du prestige, car ces deux semaines m’ont permis de découvrir des œuvres engagées du monde entier sur des sujets politiques et sociaux qui m’étaient inconnus. J’ai été également surpris par la projection des courts-métrages en compétition qui figure parmi mes préférées par sa grande diversité. Nelson
Les films coups de cœur des ambassadeurs
Fjord réalisé par Cristian Mungiu (19 août – Le Pacte). Palme d’or du 79e Festival de Cannes. Coup de cœur de Nastia.
Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent très proches, malgré des éducations différentes. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu, la communauté se demande si l’éducation traditionnelle que les enfants Gheorghiu reçoivent de leurs parents pourrait en être la cause.
Hope réalisé par Na Hong-jin (prochainement en salle – Universal). Présenté en compétition officielle.
Alors que les secours sont mobilisés ailleurs et que toute communication est interrompue, les habitants de Hope doivent faire face seuls à une menace grandissante. Tandis que certains tentent de protéger le village, d’autres s’aventurent dans la montagne… mais deviennent à leur tour des proies. L’ignorance et la peur déclenchent une spirale incontrôlable aux conséquences dévastatrices.
Coup de cœur d’Enzo : J’ai été bluffé par Hope, film de genre(s), qui nous emporte totalement, avec une énergie débordante, à travers le films de monstres, le burlesque, l’horreur, le western, la comédie et la science-fiction, sans jamais s’arrêter une seconde. Je n’ai jamais vu une salle aussi enthousiaste que pendant cette projection avec cris, applaudissements, rires et exclamations, le tout en compétition.
The man I love réalisé par Ira Sachs (prochainement en salle – Memento). Présenté en compétition officielle.
New York, fin des années 1980, Jimmy George, figure iconique de la scène théâtrale, vit en couple avec le plus tendre et attentionné des amants. Mais devant la mort qui lui est promise, la soif de vivre et de créer, de désirer et d’aimer, une dernière fois, est plus forte que tout.
Coup de cœur d’Enzo : Film magnifique sur malade qui s’ignore, seul personnage d’une tragédie qui fait tout pour être dans une comédie (musicale). L’histoire d’un soleil qui s’éteint et les répercussions de la noirceur qui tombe sur les autres personnages, l’un des grands moments de la compétition !
Death has no master réalisé par Jorge Thielen Armand (non daté, en attente d’un distributeur). Présenté à la Quinzaine des cinéastes.
Une Vénézuélienne, Carolina, revient au pays après 20 ans passés à l’étranger, pour découvrir que la plantation de cacao de sa famille a été occupée par ses anciens travailleurs, qui sont déterminés à rester à tout prix.
Coup de cœur de Nelson : Le film m’a particulièrement touché par son ambiance atypique, à la croisée entre plusieurs genres.
Her private hell réalisé par Nicolas Winding Refn, (prochainement en salle – The Jokers Film). Présenté en hors-compétition.
Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.
Coup de cœur de Djoser : Un ovni… une masterclass de cinéma abstrait. Une exploration sensorielle qui nous rappelle pourquoi ça vaut la peine de se déplacer en salle



















