Cycle Robert Bresson

LE CYCLE

Robert Bresson, le compositeur

« Dans ce travail, la psychologie, la poésie n’ont aucune part ; il s’agit d’obtenir une certaine harmonie en combinant plusieurs éléments, dont le choc, entre eux, provoque une infinité de rapports : le jeu et le son, les regards et les bruits, les décors et les éclairages, le commentaire et la musique. Le tout fera un film de Bresson, c’est-à-dire une sorte de réussite miraculeuse qui défie l’analyse et qui, si elle est parfaite, doit susciter chez le spectateur une émotion plus neuve et plus pure. »

François Truffaut, Les Films de ma vie

Un film est fait pour y pénétrer, pour que le spectateur y soit absorbé tout entier, écrivait Bresson. En 13 longs métrages et un livre,  Notes sur le cinématographe, il n’a cessé d’interroger son propre travail de cinéaste, de le faire évoluer de film en film dans une recherche presque envisagée comme une quête : celle de la vérité et de l’efficacité.

A travers des histoires souvent simples mais universelles, des récits ramassés mais riches de nouvelles perspectives, la précision filmique de Bresson a toujours eu comme objectif de laisser une place prépondérante à l’imaginaire du spectateur.

Rarement un cinéaste aura permis une immersion aussi totale. Et pour peu que l’on accepte de se laisser envahir par ces images et ces sons, on découvrira alors que nous les voyons et les entendons pour la première fois.

La bande sonore chez lui n’est pas illustrative, elle véhicule son propre sens, que ce soit la parole, les bruits ou la musique, ces éléments n’accompagnent pas les images, mais les transforment. Un film de Bresson s’écoute autant qu’il se voit, et un son nous raconte autant de choses qu’un plan.  « Je crois que l’ouïe est beaucoup plus créatrice que l’oeil » déclarait-il ainsi dans un entretien. Dans ces Notes sur le cinématographe, il explique que l’oreille est profonde et inventive, qu’elle permet davantage d’explorer le dedans des êtres, des choses et des situations, alors que l’oeil est plus superficiel, il ne nous permet que de discerner le dehors, les contours.

Cette primauté du son sur la vue, ne saurait toutefois à elle seule définir l’acte de création cinématographique de Bresson. Ce serait oublier l’importance des corps et des gestes, des visages, des regards et des mains qu’il filme : fragmenter les êtres et les choses, en isoler des parties pour qu’un nouveau sens s’en dégage, et qu’une nouvelle unité signifiante s’offre ainsi à notre regard et à notre compréhension.

Préférant le terme « modèle » à celui d’acteur, Bresson filme des personnages toujours en mouvement, et cette soi-disante neutralité de jeu de ces non-comédiens incarne bien plus qu’une figure ou un type mais « l’énigme particulière à tout être vivant ».

Thierry Cormier

PICKPOCKET (1959)

LA CONFÉRENCE

Crime et châtiment

« Vois ton film comme une combinaison de lignes et de volumes en mouvement en dehors de ce qu’il figure et signifie » (R. Bresson, Notes sur le cinématographe, p.92)

Pour ouvrir le cycle, nous vous proposons de venir voir ou redécouvrir l’un des films les plus célèbres de Bresson. A la fois film film d’action(s) et réflexion sur la loi des hommes,  Pickpocket pourrait bien être une adaptation non avouée du Crime et châtiment de Dostoïevski.

Une première approche du cinéma de Bresson donc, ses thèmes, ses techniques et sa « mécanique », à partir de nombreux extraits de ses films.

LE FILM

L’itinéraire de Michel, jeune homme solitaire, fasciné par le vol, qu’il élève au niveau d’un art, persuadé que certains êtres d’élite auraient le droit d’échapper aux lois.

durée : 1h15

Un condamné à mort s’est échappé (1956)

LA CONFÉRENCE

Évasion sonore

« Un son ne doit jamais venir au secours d’une image, ni une image au secours d’un son » (R. Bresson, Notes sur le cinématographe, p.61)

Nous vous convions avec ce film à une séance un peu spéciale, puisqu’il s’agira à l’issue de la projection de nous immerger dans l’univers strictement sonore de l’oeuvre bressonnienne. Sans aucune image et dans l’obscurité de la salle, nous vous invitons à venir écouter le cinéma : une expérience sonore et sensible collective.

LE FILM

Conduit en 1943 au fort de Montluc pour y être exécuté par les Allemands, le lieutenant Fontaine parvient à s’échapper en compagnie d’un autre prisonnier, Jost.

durée : 1h39 – cliquez sur l’affiche pour voir la bande-annonce

L'ARGENT (1983)

LA CONFÉRENCE

Les corrompus

« Le vrai est inimitable, le faux intransformable » (R. Bresson, Notes sur le cinématographe, p.84)

Dernier film de ce cycle et ultime réalisation de Bresson, L’Argent va vous troubler par sa violence et sa troublante actualité que nous explorerons ensemble à l’issue de la projection.

LE FILM

Pour etre entre en possession, tout a fait innocemment, d’un faux billet de cinq cents francs, Yvon va etre victime d’une serie d’injustices qui l’entraineront au meurtre.

date de sortie en France : 18 mai 1983 – durée : 1h25 – cliquez sur l’affiche pour voir la bande annonce

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